{"id":1049,"date":"2026-06-04T11:23:08","date_gmt":"2026-06-04T09:23:08","guid":{"rendered":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/?p=1049"},"modified":"2026-06-04T11:23:08","modified_gmt":"2026-06-04T09:23:08","slug":"tourcoing-les-femmes-ciment-de-quartier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/?p=1049","title":{"rendered":"Tourcoing : les femmes \u00ab ciment de quartier \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Cheffes de foyer, piliers associatifs, m\u00e9moire vivante d&rsquo;un quartier \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 bien tremp\u00e9e. Aux confins de la m\u00e9tropole lilloise, les femmes tiennent la Bourgogne. Non sans sacrifices. <\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Bourgogne se livre par \u00e0-coups. C\u2019est d\u2019abord un d\u00e9dale. Des blocs d\u2019immeubles, sur quatre \u00e9tages, qui s\u2019embo\u00eetent. Ils suivent la courbe des all\u00e9es ombrag\u00e9es. Une architecture reconnaissable, \u00e0 la lisi\u00e8re de la belge Mouscron, plus cossue.<strong> <\/strong>Cette partie de Tourcoing est class\u00e9e \u00ab politique de la ville \u00bb , aux 56% de taux de pauvret\u00e9, 36% de ch\u00f4mage. Autour d\u2019une pelouse d\u00e9fra\u00eechie, avec ses trois tables de pique-nique brinquebalantes, les grands ensembles en brique beige font maintenant face \u00e0 des maisonnettes carr\u00e9es plus traditionnelles, construites dans les ann\u00e9es 1970. On a rendez-vous, rue du docteur Schweitzer, au premier \u00e9tage d\u2019une barre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On s\u2019approche, les indices d\u2019une m\u00e9tamorphose sautent aux yeux. Les projets de l\u2019Anru (Agence nationale de r\u00e9novation urbaine) sont en marche \u00e0 la Bourgogne. Une vol\u00e9e de pigeons s\u2019\u00e9lance depuis une fen\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9tage, ouverte un jour, encore le lendemain, et le reste de l\u2019ann\u00e9e aussi. Autour de l\u2019\u00e9cole Jacques-Chirac flambant neuve, sortie de terre en un an<strong>, <\/strong>les entr\u00e9es des blocs sont condamn\u00e9es par de lourdes portes anti-squat. L\u00e0, une chauss\u00e9e d\u00e9fonc\u00e9e met \u00e0 nu un r\u00e9seau de canalisations ass\u00e9ch\u00e9es. Des immeubles fant\u00f4mes seront bient\u00f4t \u00e9ventr\u00e9s pour laisser filer une deux-voies d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre<strong> <\/strong>du quartier.<strong> <\/strong>Et cela fait trente ans que \u00e7a dure. De 6800 habitants il y a dix ans, avant le plan de r\u00e9novation, la population a chut\u00e9 \u00e0 5500 environ,<strong> <\/strong>au gr\u00e9 des relogements.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9346-1-1024x682.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1056\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9346-1-1024x682.jpeg 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9346-1-300x200.jpeg 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9346-1-768x512.jpeg 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9346-1.jpeg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les pigeons ont \u00e9lu domicile sur les rebords de fen\u00eatre des appartements abandonn\u00e9s. &#8211; Baptiste Martin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Partir un jour<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En pleine apr\u00e8s-midi de ramadan, en ce mois de mars 2026, on n\u2019entend que le vrombissement des engins de chantier. Pr\u00e9sence discr\u00e8te de femmes : elles vont remplir leur panier au Aldi, p\u00e9n\u00e8trent dans le centre social, s\u2019\u00e9clipsent dans les all\u00e9es avec leurs poussettes. Enfin, la rue du docteur Schweitzer, l\u2019une des plus passantes de la Bourgogne. On pousse une porte anonyme : on a rendez-vous avec des anciennes du quartier, elles ont vu les r\u00e9novations se succ\u00e9der, du Grand Projet Urbain des ann\u00e9es 1990 \u00e0 aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, une dizaine de femmes \u00e2g\u00e9es sont attabl\u00e9es. Yamina, Nabila, Faatma, Cherifa\u2026 Les conversations fusent, le fran\u00e7ais se m\u00e9lange \u00e0 des bribes d\u2019arabe. On fait la traduction pour sa voisine. <em>\u00ab D\u2019habitude, on vous aurait accueillie avec un th\u00e9 \u00e0 la menthe et des g\u00e2teaux \u00bb<\/em>, rit l\u2019une d\u2019elles. Pour l\u2019heure, pas question de manger. En revanche, dans la cuisine ouverte o\u00f9 s\u2019aligne une ribambelle de th\u00e9i\u00e8res, c\u2019est atelier <em>batbout <\/em>\u2014 ces petits pains marocains \u00e0 fourrer \u2014\u00a0en pr\u00e9vision de la rupture du je\u00fbne. Dans le grand appartement, mis \u00e0 disposition par le bailleur social Vilogia pour leur association \u2014 Les Apr\u00e8s-Midis Renoir \u2014, flotte une odeur de friture tenace.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des vies de femmes s\u2019\u00e9gr\u00e8nent autour de la toile cir\u00e9e. Des souvenirs, communs \u00e0 ces destins d\u2019immigr\u00e9es de seconde g\u00e9n\u00e9ration : <em>\u00ab Mon p\u00e8re, il travaillait \u00e0 l\u2019usine textile. Il montait dormir \u00e0 8 heures du soir. Donc \u00e0 8 heures, <\/em>termin\u00e9<em> ! Chacun dans sa chambre, et la lumi\u00e8re \u00e9teinte ! Alors moi, je lisais avec une petite lampe de poche&nbsp;\u00bb<\/em>, se souvient Messaouda Boubziz, la pr\u00e9sidente, dans l\u2019approbation g\u00e9n\u00e9rale. La cuisine, les activit\u00e9s manuelles sont surtout des pr\u00e9textes pour faire front commun contre la solitude. On entre dans les locaux de l\u2019association comme dans un moulin. On y d\u00e9bat, on s\u2019y chamaille. On rappelle fi\u00e8rement, au d\u00e9tour d\u2019une phrase, ses ann\u00e9es au compteur : <em>\u00ab&nbsp;j\u2019ai v\u00e9cu ici de 1975 \u00e0 1990 !&nbsp;\u00bb<\/em>, clame Dahbia derri\u00e8re ses \u00e9paisses lunettes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une sonnerie surann\u00e9e. Messaouda d\u00e9croche et s\u2019exclame. <em>\u00ab Des travaux pour la chaudi\u00e8re ? C\u2019est pas la peine, l\u2019appartement va \u00eatre d\u00e9moli !&nbsp;\u00bb<\/em> L\u2019arm\u00e9e de machines \u00e0 coudre de l\u2019association repose d\u00e9j\u00e0 dans une arri\u00e8re-salle, en attente des cartons. Le d\u00e9m\u00e9nagement est imminent, l\u2019immeuble ne compte plus que trois appartements occup\u00e9s. Ici aussi, le renouvellement urbain vient toquer aux portes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les anciennes connaissent la rengaine. Surtout celles qu\u2019a emport\u00e9es la premi\u00e8re vague significative de relogements, en 2020, annonciatrice du sort des autres. <em>\u00ab&nbsp;C\u2019est la r\u00e9novation, ou la destruction&nbsp;\u00bb<\/em>, expose Dahbia. Pour elles, ballott\u00e9es au gr\u00e9 des appels des bailleurs et des on-dit, pas \u00e9vident de savoir laquelle de ces deux options les choisira. La Marli\u00e8re, les Phalempins : les mieux loties investissent d\u2019autres quartiers populaires de Tourcoing. Les autres atterrissent \u00e0 Bondues, Marcq-en-Baroeul, ou m\u00eame La Madeleine. Loin de leurs attaches.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celles qui sont d\u00e9j\u00e0 parties retournent plusieurs fois par semaine au bercail, au prix de trajets en bus ou d\u2019une bonne trotte sur le bitume. Messaouda le jure, l\u2019une de ses amies <em>\u00ab\u00a0pleure quand elle revient\u00a0\u00bb<\/em> : de tristesse, de nostalgie, un peu des deux certainement. <em>\u00ab\u00a0On les a \u00e9parpill\u00e9es\u00a0\u00bb,<\/em> ass\u00e8ne Dahbia.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Des souvenirs comme si j\u2019avais mille ans<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle se l\u00e8ve, rapporte un lourd album photo qu\u2019elle ouvre en grand sur la table. On retrouve les visages lisses des adh\u00e9rentes d\u2019un clich\u00e9 jauni \u00e0 l\u2019autre. Parmi ceux-ci : un buffet avec une montagne de victuailles, confectionn\u00e9es pour les 25 ans de l\u2019association par le fils de la fondatrice Simone Dupont, restaurateur de m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Mamie Dupont \u00bb&nbsp; : ce surnom revient sans cesse. <em>\u00ab Si vous demandez, vous verrez que tous les plus de cinquante ans du quartier la connaissent&nbsp;\u00bb<\/em>, assure Messaouda. Elle a encore tous les d\u00e9tails en t\u00eate. Jusqu&rsquo;\u00e0 la valise en tissu de la matriarche, toujours pr\u00eate en vue des transferts \u00e0 l\u2019h\u00f4pital qui ont \u00e9maill\u00e9 sa fin de vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la vente de son commerce, Simone Dupont, couturi\u00e8re \u00e0 la retraite, s\u2019installe en 1986 \u00e0 La Bourgogne avec son \u00e9poux malade. Ou plut\u00f4t y a <em>\u00ab&nbsp;\u00e9chou\u00e9&nbsp;\u00bb,<\/em> racontera-t-elle trente-cinq ans plus tard dans un documentaire. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les transports publics snobent cette cit\u00e9-jardin \u00e9rig\u00e9e dans les ann\u00e9es 1970 au milieu des champs, un temps occup\u00e9e par des couples de primo acc\u00e9dants. \u00c0 la ZUP, la vie de quartier bat son plein, au rythme des sorties d\u2019\u00e9cole et des f\u00eates. La mixit\u00e9 prosp\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Mamie Dupont \u00e9tait entour\u00e9e d\u2019Africains, de S\u00e9n\u00e9galais, de Maghr\u00e9bins. Elle s\u2019est retrouv\u00e9e dans un quartier un peu&#8230;&nbsp;\u00bb<\/em> : Messaouda laisse sa phrase en suspens. Sa voisine reprend : <em>\u00ab D\u00e8s qu\u2019elle nous voyait, au d\u00e9but, elle avait peur, elle rentrait&nbsp;\u00bb<\/em>. Au d\u00e9c\u00e8s de son mari, les voisins lui remettent une cagnotte. Touch\u00e9e par le geste, <em>\u00ab elle a ouvert sa porte&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9sume Mariam.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La doyenne instaure vite un syst\u00e8me d\u2019entraide pour ces femmes, surtout des m\u00e8res issues de l\u2019immigration.<strong> <\/strong><em>\u00ab&nbsp;Elle a fait ce que nos mamans n\u2019ont pas pu faire pour nous, parce qu\u2019elles \u00e9taient loin&nbsp;\u00bb<\/em>, rappelle Mariam. Une association voit le jour, nomm\u00e9e d\u2019apr\u00e8s la rue o\u00f9 se situe le modeste pavillon de Mamie Dupont. On y apprend le fran\u00e7ais, la couture, des recettes traditionnelles. On y rencontre des camarades : celles qui garderont les enfants pour d\u00e9panner, accompagneront<strong> <\/strong>chez le m\u00e9decin. Pour ces femmes qui <em>\u00ab&nbsp;ne connaissaient personne, allaient \u00e0 la sortie de l\u2019\u00e9cole, aux courses, puis restaient chez elles&nbsp;\u00bb<\/em>, les Apr\u00e8s-Midis deviennent aussi un lieu o\u00f9 <em>\u00ab&nbsp;s\u2019\u00e9manciper un peu<\/em>&nbsp;\u00bb poursuit Messaouda.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Au tournant des ann\u00e9es 1990, le quartier a d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9 sa d\u00e9gringolade. Dans le sillage des fermetures des firmes de textile de la r\u00e9gion, la courbe du ch\u00f4mage grimpe. Sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, l\u2019\u00e9tiquette \u00ab Bourgogne \u00bb, d\u00e9sormais peu flatteuse, colle \u00e0 la peau des jeunes. \u00c0 l\u2019ombre de la carcasse aux carreaux bris\u00e9s de l\u2019usine Lepoutre, le vivre-ensemble se fissure peu \u00e0 peu. Les enfants partent, loin de ce quartier o\u00f9 les commerces de proximit\u00e9 ferment. <em>\u00ab On \u00e9tait comme une famille, <\/em>regrette Dahbia. <em>Maintenant, plus personne ne reconna\u00eet personne. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Piliers de quartier<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, les f\u00eates de voisinage qui renaissent avec les beaux jours dessinent un horizon moins morose. Rue du Caporal-Delroeux, Mamie Dupont a sa rel\u00e8ve. Les chipolatas et merguez patientent sous le soleil de mai, dispos\u00e9es entre les tubes de harissa et le sirop de menthe. Toute de rose v\u00eatue et foulard assorti, Fatima Belouarrak, 51 ans, pr\u00e9sidente du centre social du quartier, revient enfin. Il ne manquait plus que son top d\u00e9part : le barbecue peut d\u00e9marrer. Lunettes de soleil papillon et sac en osier sous le bras, elle circule parmi les groupes \u00e9parpill\u00e9s dans le parc. S\u2019enquiert d\u2019untel. On la h\u00e8le. Impossible de ne pas la conna\u00eetre.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9732-682x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1055\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9732-682x1024.jpeg 682w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9732-200x300.jpeg 200w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9732-768x1152.jpeg 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/DSCF9732-rotated.jpeg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fatima Belouarrak, pr\u00e9sidente du centre social, \u00e0 la f\u00eate des voisins. &#8211; Baptiste Martin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On la retrouve quelques jours plus tard dans le hall vitr\u00e9 du centre social du quartier. Voil\u00e0 plus de deux ans qu\u2019elle le pr\u00e9side, et dix qu\u2019elle s\u2019y est rendue pour la premi\u00e8re fois, comme usag\u00e8re. Sa derni\u00e8re n\u00e9e souffre d\u2019un lourd handicap, qui a pouss\u00e9 cette couturi\u00e8re \u2014&nbsp;elle aussi \u2014 \u00e0 abandonner son affaire, dans le quartier lillois de Wazemmes. Le b\u00e9n\u00e9volat devient rapidement un exutoire. Un moyen <em>&nbsp;\u00ab&nbsp;de ne pas vivre dans la maladie. C\u2019\u00e9tait quasi th\u00e9rapeutique&nbsp;\u00bb<\/em>, confie-t-elle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rep\u00e9r\u00e9e par la pr\u00e9sidente de l\u2019\u00e9poque, Fatima int\u00e8gre le conseil d\u2019administration, puis le bureau du centre social. <em>\u00ab&nbsp;Au d\u00e9part, quand je devais prendre la parole, c\u2019\u00e9tait un calvaire. J\u2019avais mal au ventre<\/em>, se rem\u00e9more la cinquantenaire, si loquace et solaire qu\u2019on peinerait presque \u00e0 croire au tableau. <em>Mais aujourd\u2019hui, je me sens l\u00e9gitime dans beaucoup d\u2019espaces.&nbsp;\u00bb <\/em>Malgr\u00e9 certaines r\u00e9ticences masculines : <em>\u00ab&nbsp;le fait qu\u2019une femme soit pr\u00e9sidente, \u00e7a ne pla\u00eet pas \u00e0 tout le monde&nbsp;\u00bb, <\/em>avoue-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque jour ouvr\u00e9 la voit naviguer d\u2019une r\u00e9union strat\u00e9gique, o\u00f9 elle assume sa posture de<em> \u00ab&nbsp;porteuse de parole&nbsp;\u00bb<\/em> \u2014<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;je repr\u00e9sente les habitants&nbsp;\u00bb<\/em>, affirme-t-elle \u2014, aux ateliers d\u2019alphab\u00e9tisation, de couture ou d\u2019aide \u00e0 la parentalit\u00e9, o\u00f9 elle tient \u00e0 toujours passer une t\u00eate. Un travail de fourmi pour insuffler de la vie dans ce quartier, auquel elle s\u2019est attach\u00e9e bon an mal an, malgr\u00e9 la r\u00e9putation sulfureuse qui lui avait fait craindre le pire \u00e0 son emm\u00e9nagement. Sa boussole : <em>\u00ab&nbsp;rendre les journ\u00e9es des habitants moins ternes.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Juste derri\u00e8re le centre social, dans la nouvelle halle commer\u00e7ante de la place de la Bourgogne, l\u2019\u00e9picerie redonne aussi des couleurs au quartier. <em>\u00ab Toi, tu n\u2019es pas d\u2019ici ? \u00bb\u00a0 <\/em>: d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e, la discussion s\u2019engage avec Hassiba Manseur. Ses clients, elle les accueille toujours avec une grande hospitalit\u00e9. Elle tient le commerce avec son mari Djilali <em>: <\/em>on trouve tout ce qui est n\u00e9cessaire, du pain de mie de d\u00e9pannage aux tr\u00e8s pris\u00e9es boissons fra\u00eeches. Une bonbonni\u00e8re rouge, avec sa poign\u00e9e en fer qu\u2019il faut tourner deux fois, ravit les enfants et les adultes nostalgiques : pour deux euros, ils ont le bonheur de craquer en deux la boule plastique surprise.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant le ramadan, le parvis de la mosqu\u00e9e se pare d\u2019un barnum rouge vif. L\u2019\u00e9picerie y procure g\u00e2teaux, <em>msemen<\/em> et caf\u00e9s. Le couple installe des tables amovibles o\u00f9 les ouvriers du chantier voisin prennent leur pause, dans un quartier autrement pauvre en lieux de convivialit\u00e9. Surtout, devant l\u2019\u00e9choppe, au milieu des travaux, un petit enclos r\u00e9siste. Deux ch\u00e8vres et leur petit se tiennent fi\u00e8rement et font le buzz sur les r\u00e9seaux sociaux. Une libert\u00e9 prise sur les pouvoirs publics par l&rsquo;\u00e9picerie, qui en dit long sur les mille fa\u00e7ons de s\u2019approprier son lieu de vie.<strong> <\/strong>Pour Hassiba, la pr\u00e9sence des embl\u00e9matiques biquettes \u00e9gaye le quartier, et ravit les enfants. Au point que les \u00e9piciers envisagent de transformer l\u2019enclos de fortune en ferme p\u00e9dagogique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Penser \u00e0 tout<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Ici, les femmes sont le ciment du quartier&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9sume Nourredine Zairi, directeur de l\u2019AAPI \u2014&nbsp;l\u2019Association d\u2019animation de pr\u00e9vention et d\u2019insertion. Elles se d\u00e9dient avant tout \u00e0 leur famille, et en payent le prix fort. \u00c0 la Bourgogne, les femmes ont souvent un trou dans leur CV \u2014 quand elles en ont un. Au moment o\u00f9 le petit dernier est autonome, et va seul au coll\u00e8ge, elles cherchent \u00e0 reposer un pied sur le march\u00e9 du travail. Yannick Kabuika-Nzinga, le directeur de l\u2019association Objectif Emploi, est t\u00e9moin de leurs difficult\u00e9s. Il \u00e9voque le cas de St\u00e9phanie, une usag\u00e8re qui ne savait pas trop quel type de poste chercher. Cette m\u00e8re de famille s&rsquo;est inscrite \u00e0 un atelier de d\u00e9couverte des m\u00e9tiers, puis un autre, consacr\u00e9 au dessin et \u00e0 la peinture, propos\u00e9s par l\u2019association. Dans ce dernier, elle se sent en confiance. Et finit par confier son d\u00e9sir d\u2019un CAP petite enfance \u00e0 l\u2019une des animatrices. L\u2019association l\u2019a remise \u00e0 niveau et elle a d\u00e9croch\u00e9 un CDI apr\u00e8s sa formation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Beaucoup de ces femmes veulent travailler pour assurer une vie meilleure \u00e0 leur famille. C\u2019est le cas de Mariam, arriv\u00e9e \u00e0 la Bourgogne en 1988. \u00ab <em>Mon mari, il travaillait dans une filature \u00e0 Roubaix, qui a ferm\u00e9. J\u2019ai postul\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Premi\u00e8re classe de Tourcoing. J\u2019ai travaill\u00e9 pendant 15 ans, j\u2019ai travaill\u00e9 pour mes enfants. \u00bb&nbsp; <\/em>Elle a \u00e9conomis\u00e9 les 5 000 euros n\u00e9cessaires pour les emmener tous les six en vacances au S\u00e9n\u00e9gal, son pays d\u2019origine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>\u00catre m\u00e8re, c\u2019est devoir penser \u00e0 tout. Un m\u00e9tier tr\u00e8s prenant et non reconnu. <em>\u00ab Elles doivent \u00eatre maman, \u00e9pouse, en g\u00e9rant leur travail et leur domicile \u00bb<\/em>, explique L\u00e9o Vanzeveren, que tout le monde ici appelle \u00ab Monsieur L\u00e9o \u00bb. Il travaille en tant qu\u2019\u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 \u00e0 la Bourgogne pour l\u2019AAPI. Celle-ci cible les jeunes de 11 \u00e0 25 ans. Adoss\u00e9 au comptoir de la cuisine du local de quartier, L\u00e9o l\u2019affirme, un caf\u00e9 fumant \u00e0 la main : <em>\u00ab Les femmes des quartiers populaires, c\u2019est souvent le pilier dans la vie des jeunes que je rencontre. \u00bb<\/em> Il ajoute : <em>\u00ab Leur m\u00e8re, c\u2019est la premi\u00e8re personne que les jeunes me citent : elles incarnent l\u2019autorit\u00e9 et le cadre. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">M\u00e8res-remparts<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur premi\u00e8re inqui\u00e9tude, c\u2019est qu\u2019ils tra\u00eenent. <em>\u00ab Tenir \u00bb<\/em>&nbsp; les jeunes, cela implique de les occuper, et donc des sacrifices souvent financiers. Les emmener au S\u00e9n\u00e9gal, comme Mariam. Ou au centre de loisirs, \u00e0 l\u2019image de Messaouda. <em>\u00ab Ils y sont toujours all\u00e9s. On le paye, mais quand t\u2019as cinq enfants, \u00e7a co\u00fbte cher. Quand on ne part pas en vacances, deux mois, c\u2019est long ! \u00bb<\/em>, explique-t-elle. Elle a essay\u00e9 de les garder \u00e0 la maison, c\u2019est impossible. <em>\u00ab Ils veulent sortir ! Et si tu vas \u00e0 la piscine, au cin\u00e9, \u00e7a co\u00fbte aussi cher que le centre a\u00e9r\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 vite les r\u00e9inscrire. \u00bb<\/em> Alors Messaouda a d\u00fb faire des concessions financi\u00e8res. Pour elle, c\u2019est une \u00e9vidence : <em>\u00ab Quand t\u2019as des enfants, la priorit\u00e9, c\u2019est eux. \u00bb<\/em> Les m\u00e8res sont vigilantes sur l\u2019\u00e9ducation. M\u00eame si les coll\u00e8ges, \u00e9coles et lyc\u00e9e publics existent dans le quartier, beaucoup de parents font le choix d\u2019envoyer leur enfant dans le priv\u00e9 ou en Belgique. Ce qui repr\u00e9sente l\u00e0 aussi un sacrifice financier pour beaucoup de foyers.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Quand ils grandissent, les choses se compliquent. Pour Dahbia, les ados <em>\u00ab tiennent les murs \u00bb<\/em>. A la Bourgogne, il n\u2019y a pas d\u2019endroit qui leur est d\u00e9di\u00e9. Une seule possibilit\u00e9 reste :&nbsp; s\u2019adosser contre un mur et tra\u00eener. Avant, il y avait la maison des jeunes situ\u00e9e rue Marcel-B\u00e9yens, mais elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite dans le cadre de l\u2019Anru. Pour la remplacer, un espace jeunes de 150m2 est pr\u00e9vu dans l\u2019agrandissement du centre social, mais l\u2019inauguration n\u2019est pr\u00e9vue qu\u2019en d\u00e9cembre 2026. En attendant, les jeunes sont livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eame dans un quartier en permanente restructuration. Selon les anciennes, les probl\u00e8mes li\u00e9s au trafic de drogue existent depuis les ann\u00e9es 80 : <em>\u00ab c\u2019\u00e9tait pour des riches avant la drogue, c\u2019est pour \u00e7a qu&rsquo;on n&rsquo;en entendait pas parler et un jour, les enfants des pauvres y ont go\u00fbt\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<\/em>, glisse Messaouda. Pour Yannick Kabuika-Nzinga, habitant de la Bourgogne depuis les ann\u00e9es 1970, <em>\u00ab vers 1985, il y avait un vrai probl\u00e8me de trafic \u00bb<\/em>. Cela avait pouss\u00e9 des gens \u00e0 partir de la Bourgogne.&nbsp; Aujourd\u2019hui, il d\u00e9crit un ph\u00e9nom\u00e8ne moins omnipr\u00e9sents&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a quasiment plus de nuisances.&nbsp;\u00bb<\/em> M\u00eame si un parcours de fl\u00e8ches tagu\u00e9s sur les murs am\u00e8ne \u00e0 un point de deal.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un temps \u00e0 soi<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes ces pr\u00e9occupations ajoutent toujours plus de poids sur les \u00e9paules des m\u00e8res. <em>\u00ab Elles oublient qu\u2019elles sont des femmes avant d\u2019\u00eatre des m\u00e8res \u00bb<\/em>, pose Harold Georges, directeur du centre social. L\u2019AAPI s\u2019est rendu compte en travaillant avec les jeunes de cette fatigue parentale, explique Nourredine Zairi. Cette constatation a lanc\u00e9 le projet R\u00e9pit parental. Cette initiative r\u00e9unit un groupe d\u2019une dizaine de parents. Ils se retrouvent autour de temps d\u2019\u00e9changes, d\u2019actions d\u2019autofinancement et de r\u00e9unions pour organiser leurs futures vacances sans enfant. <em>\u00ab Les m\u00e8res sont plus apais\u00e9es gr\u00e2ce aux discussions qu\u2019elles peuvent avoir avec d\u2019autres parents \u00bb,<\/em> pr\u00e9cise Nourredine Zairi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Nadia, une m\u00e8re de deux enfants, le R\u00e9pit familial est lib\u00e9rateur. Avec l\u2019association Vacances ouvertes, la structure de pr\u00e9vention a organis\u00e9 deux voyages sans enfants, un \u00e0 la mer en Normandie et un au ski. Elle a fait les deux. <em>\u00ab La veille du d\u00e9part, je ne voulais plus y aller, mais au bout d\u2019une semaine, je ne voulais plus repartir&nbsp;\u00bb<\/em>, raconte-t-elle. D\u2019apr\u00e8s Nadia, la plupart n\u2019arrivaient pas \u00e0 parler d\u2019autres choses que leurs enfants en arrivant. Mais au bout de plusieurs semaines, elles se sont ouvertes et se sont red\u00e9couvertes. Elle souffle : <em>\u00ab Moi aussi, j\u2019ai le droit de penser \u00e0 moi \u00bb<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Manon Roche et Juliette Claverie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Transformations et renouvellement urbain au quartier La Bourgogne<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-1-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1065\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-1-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-1-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-1-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-1.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><br><br>B\u00e2ti dans les ann\u00e9es 60-70, le quartier de la Bourgogne \u00e0 Tourcoing est engag\u00e9 dans un programme de r\u00e9novation urbaine. L\u2019ancienne place centrale est profond\u00e9ment reconfigur\u00e9e. Les immeubles qui l\u2019entouraient ont c\u00e9d\u00e9 leur place \u00e0 des prairies, qui vont dispara\u00eetre dans le chantier.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-2-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1066\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-2-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-2-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-2-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-2.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le projet de renouvellement urbain comprend la construction de 560 logements neufs, la r\u00e9habilitation de 1300 logements sociaux, mais implique aussi la destruction de 1029 appartements.&nbsp;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-3-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1067\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-3-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-3-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-3-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-3.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Entre le 17 et le 39 rue Monseigneur-Leclerc, l\u2019immeuble est en phase de d\u00e9molition. Il abritait 54 logements, et l\u2019ancienne pharmacie.&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est des voisins qu\u2019on perd et de la solidarit\u00e9 qu\u2019on retrouvera peut-\u00eatre pas<\/em>&nbsp;\u00bb, t\u00e9moigne une ancienne habitante du quartier.&nbsp;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-4-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1068\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-4-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-4-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-4-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-4.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pr\u00e9sente dans nombre de constructions jusqu\u2019aux ann\u00e9es 2000, l\u2019amiante, canc\u00e9rig\u00e8ne, complique la destruction de ces maisons mitoyennes des ann\u00e9es 70, un autre type d\u2019habitat du quartier de la Bourgogne. Elle oblige \u00e0 de complexes travaux de d\u00e9contamination.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-5-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1069\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-5-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-5-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-5-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-5.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les portes anti-squat condamnent les entr\u00e9es de cette barre d\u2019immeubles, situ\u00e9e sur le trac\u00e9 de la future grande all\u00e9e. Celle-ci doit d\u00e9senclaver la Bourgogne. La d\u00e9molition \u00e0 venir brouille les rep\u00e8res. Un ancien riverain, de passage dans le quartier, n\u2019arrive pas \u00e0 retrouver son ancienne adresse : <em>\u00ab J&rsquo;ai du mal : quand vous revenez au bout de 40 ans, tout a \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9 ou chang\u00e9 \u00bb<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-6-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1070\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-6-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-6-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-6-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-6.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le NPRU (Nouveau Programme national de Renouvellement Urbain) qui concerne la Bourgogne&nbsp; bouleverse la physionomie du quartier depuis les premiers travaux en 2020 : ses habitations aussi bien que ses espaces publics. Sur cette prairie o\u00f9 s\u2019\u00e9levait auparavant un immeuble, un circuit d\u2019apprentissage du v\u00e9lo est en construction.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-7-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1071\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-7-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-7-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-7-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-7.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La nouvelle halle de commerces et de services a \u00e9t\u00e9 construite en 2023 sur la place centrale du quartier, qui \u00e9tait entour\u00e9e d\u2019immeubles aujourd\u2019hui ras\u00e9s. Les habitants se sont appropri\u00e9 les prairies qui ont pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019emplacement des anciens immeubles. Jusqu\u2019\u00e0 y installer un jardin partag\u00e9 et un enclos avec des ch\u00e8vres.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-8-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1072\" srcset=\"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-8-1024x682.png 1024w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-8-300x200.png 300w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-8-768x512.png 768w, https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/GraphiqueColle-8.png 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00c0 la Bourgogne, l\u2019ancien coexiste avec le nouveau. A gauche, le groupe scolaire Jacques-Chirac inaugur\u00e9 \u00e0 la rentr\u00e9e 2025, A droite, une barre d\u2019immeuble vid\u00e9e de ses habitants, bient\u00f4t ras\u00e9e pour c\u00e9der sa place \u00e0 la future grande all\u00e9e.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Photos prises par Baptiste Martin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cheffes de foyer, piliers associatifs, m\u00e9moire vivante d&rsquo;un quartier \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 bien tremp\u00e9e. Aux confins de la m\u00e9tropole lilloise, les femmes tiennent la Bourgogne. Non sans sacrifices. La Bourgogne se livre par \u00e0-coups. C\u2019est d\u2019abord un d\u00e9dale. Des blocs d\u2019immeubles, sur quatre \u00e9tages, qui s\u2019embo\u00eetent. Ils suivent la courbe des all\u00e9es ombrag\u00e9es. Une architecture reconnaissable, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":23,"featured_media":1058,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[38],"class_list":["post-1049","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles-2026","tag-manon-roche-juliette-claverie-baptiste-martin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1049","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1049"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1049\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1144,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1049\/revisions\/1144"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1058"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1049"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1049"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/quartiers-en-nord.esj-lille.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1049"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}