Les quartiers populaires, d’autres histoires
Avec ce blog, les étudiants de première année de master de l’École de journalisme de Lille racontent avec leur regard des quartiers classés en politique de la ville, où se concentrent les difficultés sociales.
Pendant un an, quinze d’entre eux sont partis à la découverte de ces territoires absents ou mal représentés dans les médias. Leur volonté : fuir les a priori et le sensationnel, pour relater la vie du quotidien et les problématiques spécifiques de ces lieux.
À Louvroil, Condé-sur-l’Escaut, Tourcoing, Lens et Calais, ils se sont immergés sur place, ont acquis la confiance des habitants et ont pris le temps de les écouter :
Comment dépasser les difficultés que pose la langue française ?
Comment une jeunesse peut-elle rêver d’ailleurs tout en restant profondément attachée à sa ville ?
Comment les femmes tiennent-elles un quartier ?
Quelle place pour le foot dans les quartiers ?
Comment un seul quartier peut-il rassembler des identités multiples ?
Dans ces cinq articles long format, ce sont leurs histoires qu’ils vous proposent.

Journalistes en formation : Melvin Broucque, Paul Cayre, Juliette Claverie, Gael Delsalle, Simon Ecotière, Paul Edon, Lucien Girault, Camille Labbé, Baptiste Martin, Myriam Mernissi, Nayra Palacios, Joséphine Puig, Manon Roche, Naomi Truong, Solène Vankerkhoven.
Encadrés par Stéphanie Maurice.
Nos articles
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À Condé-sur-l’Escaut, le visage d’une jeunesse confinée
L’ancienne cité minière, enclavée à treize kilomètres de Valenciennes (Nord), est entièrement placée en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV). Une singularité. Le taux de chômage, stable, y avoisine les 20 %. Pourtant, quand on naît à Condé, on y reste attaché. La promesse circule d’une génération à l’autre. L’eldorado se trouve en Suisse. « C’est un sacré plan ! Énormément de nos jeunes sont partis y bosser, y vivre et même s’y marier, assure Malik Saidane, éducateur spécialisé à Condé-sur-l’Escaut et gamin de cette ville de 9 000 habitants posée à la frontière belge. Il y…
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Histoires de Zup : le Beau-Marais à Calais
Le tout nouveau front de mer de Calais n’est qu’à quatre kilomètres. Mais au Beau-Marais, il n’y a que les mouettes qui tournent autour des tours. Ce quartier populaire, une des zones à urbaniser en priorité des années 60, est un îlot de 18 000 habitants, enserré entre les stades de foot, les résidences pavillonnaires, les zones commerciales et la rocade portuaire. Ici, on n’est pas calaisien. On vient du « Baum ». Parfois de « la ZUP », littéralement « zone à urbaniser en priorité ». De fait, le Beau-Marais est sorti de terre dans les années 1960, comme…
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Tourcoing : les femmes « ciment de quartier »
Cheffes de foyer, piliers associatifs, mémoire vivante d’un quartier à l’identité bien trempée. Aux confins de la métropole lilloise, les femmes tiennent la Bourgogne. Non sans sacrifices. La Bourgogne se livre par à-coups. C’est d’abord un dédale. Des blocs d’immeubles, sur quatre étages, qui s’emboîtent. Ils suivent la courbe des allées ombragées. Une architecture reconnaissable, à la lisière de la belge Mouscron, plus cossue. Cette partie de Tourcoing est classée « politique de la ville » , aux 56% de taux de pauvreté, 36% de chômage. Autour d’une pelouse défraîchie, avec ses trois tables de pique-nique brinquebalantes, les grands ensembles…
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À Louvroil, le français, tout sauf une évidence
Dans cette petite commune du Nord, les habitants et les associations s’organisent pour trouver les mots et inverser la tendance. Leur territoire, la Sambre-Avesnois, concentre l’un des plus hauts taux d’illettrisme de France. « Tout le monde a des problèmes à Louvroil. » Sylvie Marie, 66 ans, vit depuis trente ans dans cette petite ville du Nord de 6 000 habitants. Il y a ceux que l’on voit, comme la fermeture des commerces, l’éloignement des services publics – il n’y a aucun médecin ici, se désespère-t-on dans la file d’attente de la pharmacie. Il y a ceux que les chiffres montrent, comme le chômage qui culmine…
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À Lens, le football comme langage commun des quartiers
À Lens, après la fermeture des mines, le football est resté l’un des rares héritages collectifs capables de rassembler et d’offrir des perspectives dans des quartiers fragilisés. Dans la Cité des Provinces, entre associations et clubs, il continue aujourd’hui d’être un outil d’émancipation sociale. Jour de match, à Lens. Dans la rue, ils chantent déjà: « On avait les terrils à défaut des montagnes/ d’en haut je voyais la campagne. » Les premières paroles des Corons, de Pierre Bachelet, l’hymne lensois de la mi-temps. Depuis le quartier des Provinces, une ancienne cité minière construite à la fin du XIXe siècle…




